UN GRAPHISTE EN CULOTTE COURTE
Pistolet à bouchon et amorces
Tout petit déjà... En fait, pour la nouvelle version de ce site, et comme c'est une question qui revient souvent, je voulais "revenir un peu sur le passé pour expliquer le présent", mais les images se brouillent et ce fut évidemment bien plus compliqué que je ne l'imaginais. Je voulais éviter l'auto-indulgence, mais comme s'en passer ? Il me reste si peu de traces des années passées. J'ai beaucoup bougé, et, surtout, beaucoup jeté... Je ne peux bien sûr pas oublier que les débuts furent difficiles, mais heureusement des pensées positives contrebalancent largement ce sentiment. Mes émotions sont toujours mitigées, insatisfait chronique que je suis, mais, par chance, il y a toujours un petit quelque chose qui survient et qui fait que la journée n'est pas perdue. Et je n'oublie jamais les difficultés. Après tout, ce sont elles, toujours, qui m'ont fait avancer. Et, aujourd'hui encore, je me réjouis d'avance quand tel ou tel travail que l'on me confie, telle ou telle idée que j'ai, va m'obliger à sortir de ma chère routine, de mes habitudes, pour aller chercher un peu au delà de ce que je sais.
J'ai donc décidé de faire une liste des premiers souvenirs qui me reviennent en mémoire, et ce pour plusieurs époques de ma vie. Il faut bien commencer quelque part... Donc, tout petit déjà... Non, à l'époque, ce qui me plaisait par dessus tout c'était de faire du bruit, dans mon coin. L'envie de dessiner est venue plus tard, et je me souviens surtout de mon étonnement en voyant ma mère faire aller et venir un stylo au dessus d'une feuille et en comprenant qu'elle lisait ensuite ce qu'elle avait tracé. C'était merveilleux. C'est elle qui m'a donné le goût immodéré des livres, le besoin vital de leur compagnie. Et puis il y eut, vers mes quinze ans, ce coup de foudre pour le Garamond et ses ligatures, dans un livre de la Pléiade. Une révélation ! Mon premier souvenir de "dessin", date quant à lui de la maternelle, avec le "piquage". Nous découpions des images (pieuses) en en picotant le contour avec une aiguille. Nous collions ensuite dans un cahier ces vignettes de "vierge à l'enfant ", ou du "retour du fils prodigue", devenues timbres aux contours maladroitement dentelés. Finalement, je n'ai pas beaucoup évolué, j'ai simplement troqué l'aiguille contre un stylet Wacom. Ce qui me rassure, c'est que j'ai grandement gagné en précision. Rien ne vaut une longue pratique !
Les Beaux-Arts... Que de souvenirs... Et de trous de mémoire ! Que de travail, aussi. Comme tous les étudiants, durant deux ans j'ai touché à tout. Mais avec une prédilection pour la gravure (le goût m'en avait été donné par mon remarquable professeur au collège, Mikel, artiste sincère et talentueux). J'aimais aussi la subtilité infinie et tendre des pastels. Et les collages, les bricolages de toutes sortes en chambre noire. Mais c'est à l'animation surtout que je me suis dédié. J'ai d'ailleurs obtenu mon diplôme avec un film réalisé en trois ans (et malencontreusement détruit juste après l'avoir montré au jury d'examen, mais, ouf, c'était gagné !) dans lequel j'associais plusieurs techniques. Le duo esthétique/technique a toujours été séduisant pour moi.


